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Mardi 19 Fevrier 2019
Du jeudi 7 février au lundi 4 mars 2019
LOUIS BENISTI, LE PEINTRE DE LA TERRE PRODIGUE D'ALGERIE

Vernissage jeudi 07 février à 18h30
Durant sa longue vie d’artiste, Louis Bénisti a toujours été fidèle à son Algérie natale. L’exposition organisée par le Centre Culturel Algérien de Paris rassemble essentiellement des œuvres réalisées à Alger, ville qu’il a habitée jusqu’en 1972 et celles réalisées dans son atelier d’Aix en Provence d’après les notes qu’il avait prises lors de ses longues promenades dans Alger. Louis Bénisti, peintre d’Algérie, peintre algérien.

L’œuvre de Louis Bénisti a été aussi discrète que le déroulement de sa vie. Et pourtant largement autobiographique, elle porte témoignage -de la manière la plus sensible et la plus véridique – d’une vie de bonheur en Algérie intercommunautaire. L’amour du peintre pour les humbles et les déshérités est exprimé dans de nombreuses œuvres qui nous émeuvent par leur sincérité et leur simplicité, preuves d’une juste dimension humaine. Au début, proche de ses « modèles » qu’il côtoie à Alger, une certaine pudeur préserve l’autodidacte Bénisti d’un orientalisme outrancier, gorgé de lumière chaude synonyme rédempteur de la terre natale. Il se fait alors remarquer par une interprétation toute personnelle du réel (« le joueur de flûte » 1946) ; il s’est attaché ensuite à se débarrasser de toute influence de l’École d’Alger tout en gardant ses distances avec l’art abstrait, alors à son apogée chez ses pairs dont la majorité rejoint la métropole. Pédagogue durant de longues années, il acquiert une pleine autonomie où le graphisme est une ligne élégante et frêle maîtrisant la forme et contenant suffisamment l’espace, où la coloration à la fois élégante et nuancée ne manque ni de résonance ni de saveur. Ses motifs ont temporellement varié, mais il revient sans cesse aux êtres et aux choses d’Algérie, avec toujours la même pudeur jusqu’à effacer les visages devenus anonymes (« Femmes dans la Casbah. »1990) comme pour un ultime dialogue invisible au delà de la fatalité de l’histoire. Le peintre devient alors le poète (le « poèpeintre » selon la formule de son ami Jean Sénac) de la mémoire subjective, de la sourde nostalgie d’une terre heureuse dont il se remémore et qu’il recrée dans son grand âge. À l’instar de tout être humain, Bénisti vivra sur son enfance et sa jeunesse. Louis Bénisti a été reconnu pour ses qualités d’homme loyal et sincère tout autant que pour son talent. Qu’il demeure un peintre de la terre prodigue d’Algérie, un homme intemporel, un Algérien./ Hamid Nacer-Khodja (Alger, juin 2004)

Louis Bénisti est né à El biar, près d’Alger le 15 mai 1903. Après des études secondaires au lycée d’Alger, il entame à Paris de 1920 à 1922 un apprentissage d’artisan joaillier tout en suivant des études artistiques dans les académies parisiennes. Il pratique ensuite à Alger la bijouterie jusqu’en 1925, date à laquelle il abandonne ce métier.
En 1925, il fréquente à Alger l’académie Art dirigé par deux peintres catalans : Alfred Figueras et Rafel Tona. Il y rencontrera Jean de Maisonseul avec qui il se liera d’amitié. En 1930, Jean de Maisonseul lui fait connaître Max-Pol Fouchet, Albert Camus, Louis Miquel, Pierre-André Emery, René-Jean Clot. En 1931, il aborde la sculpture. Albert Camus lui consacre un de ses premiers articles dans Alger-étudiant. Ayant obtenu une bourse de la Casa Velasquez à Madrid en 1934, il séjourne en Espagne en 1935, puis à son retour il expose à la librairie des Vraies Richesses à Alger dirigée par Edmond Charlot. Dans ces années 3O, il enseigne le dessin au lycée de Maison Carrée (El Harrach aujourd’hui) et participe avec Louis Miquel et Pierre-André Emery aux scénographies du théâtre de l’Équipe dirigé par Albert Camus. Il s’installe à Paris en 1938, où il se consacre à la sculpture ; mais en raison de la guerre il retourne à Alger en 1941. Puis en 1942, il rencontre Solange, étudiante en médecine avec laquelle, il se marie. À partir de 1943, il se consacre essentiellement à la peinture. Comme ses amis Galliero, Benaboura, Maisonseul, Audisio, Famin, Nallard, Maria Manton, Terracianno, Jean Sénac, Himoud Brahimi, René Sintès, et d’autres… il fait partie de ces artistes et écrivains amoureux du port d’Alger, que l’on a appelé la génération du môle.

De 1948 à 1971, il enseigne le dessin dans les lycées d’Alger
En 1970, le centre culturel français d’Alger, dirigé alors par René Gachet, lui consacre une exposition rétrospective.

En 1972, il s’installe à Aix en Provence où il continue son métier de peintre et de sculpteur. Il écrit aussi ses souvenirs d’enfance et raconte sa jeunesse algéroise autour de Camus et d’Edmond Charlot. En 1989, retrouve les croquis réalisés au cours de ses promenades dans la Casbah. Restant fidèle à son Algérie natale, il reprend ses dessins et réalise une ultime série de peintures, utilisant davantage la gouache que l’huile. Il meurt à Evian le 1er mai 1995./ Jean-Pierre Bénisti

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Centre Culturel Algérien 171 rue de la Croix-Nivert 75015


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